The past in the present, a heritage that endures
Il passato nel presente, un patrimonio che perdura
Le passé dans le présent, un patrimoine qui perdure
Sur les traces de l’arrivée des Maniotes

Cette journée s’inscrit dans le projet eTwinning « Le passé dans le présent, un héritage qui perdure », mené avec l’équipe pédagogique de la seconde bilingue et plus particulièrement avec madame Simola, et messieurs Jurezcek, Paganelli, Cappai-Squarcini, et Dacquay en collaboration avec la 1ère du lycée de Kalamata. Elle permet de recueillir, sur le terrain, la mémoire maniote de Carghjese auprès des acteurs qui la font vivre aujourd’hui : mairie, association Mnimimoria, clergé, descendants des familles arrivées de Vitylo, enseignants et passionnés de culture grecque.
L’équipe du lycée Laetitia impliquée dans le projet eTwinning accompagnait les élèves, monsieur Dapelo étant le guide et Mesdames Battistelli, Coordinatrice Twinning et Godani, DRAREIC représentaient le Rectorat.
Les informations recueillies à l’occasion de cette visite et de ces rencontres nourriront directement la frise historique collaborative, le musée numérique et surtout le podcast final : l’audio récit sur l’histoire corso-maniote, de Vitylo à Carghjese.


La journée à Cargèse a débuté par la visite du site Plage Punta dei Monaci où le 3 mars 1676, environ 800 migrants maniotes de Vitylo, débarquèrent pour s’installer à Paomia avec l’accord de Gênes. La barque symbolise cette arrivée sur le territoire après avoir fui le joug ottoman.
Les habitants du Magne connus sous le nom de Maniotes provenaient d’un territoire du sud du Péloponnèse. L’inscription sur la sculpture date de 1980 elle a été gravée par des sculpteurs sardes : » En 1676 le Sauveur transportant cent grecs du Magne aborda sur ce rivage puis à Paomia et à Cargese ». En fait trois galères arrivèrent sur ce site mais on ne retint que celle du navire le Sauveur.
“Ils occupaient la partie du Cap Matapan ou Bras de Maina, celle que l’on nomme aujourd’hui Porto Vitito (Vitylo, Oitylo).” C’est ainsi que l’auteur de Histoire de l’Isle de Corse évoque, en 1749, ce fameux peuple issu de la partie la plus méridionale de la Grèce, qui s’établit aux abords de Cargèse après une odyssée difficile, au cours du 17ème siècle. “Après deux mois passés à Gênes, les Grecs touchent terre à la plage des Monaci, non loin du plateau de Carghèse, le 14 mars 1676”, nous dit Elie Papadacci, auteur d’un ouvrage historique sur la colonie grecque.
“En 1731, le refus des colons (ils avaient de se joindre aux insurgés et de se placer sous la bannière à tête de maure irrita les corses qui ne virent plus en eux que des ennemis”, raconte Elie Papadacci qui détaille ensuite les nombreuses vicissitudes qui ponctuent la période révolutionnaire corse, et frappent sans cesse la colonie grecque. En 1731 les colons grecs refusant de se placer sous la bannière à tête de maure furent contraints de fuir face aux assauts répétés des habitants, ils se réfugièrent pour certains à Ajaccio, d’autres firent le difficile choix de retourner en Grèce.


Institutions, mémoire et symboles du village
« En 1773, après inspection des ruines de Paomia, les autorités françaises d’Ajaccio (sous l’égide du Comte de Marbeuf) suggèrent l’implantation de la colonie sur un nouvel emplacement situé à la pointe de Cargèse, à trois kilomètres de Paomia, sur un plateau en bordure de mer. » — Elie Papadacci. Et ainsi naquit le village de Cargèse.
La visite de nos lycéens s’est donc poursuivi à la mairie de Cargèse où ont été expliqués, notamment , le blason de la ville et les drapeaux, grecs, et de Magne (le territoire d’origine de la colonie), le drapeau corse de Cargèse a été offert au Lycée Laëtitia pour sceller la collaboration de Cargèse à ce beau projet qui permet ainsi la transmission de cette mémoire.




Un magnifique document en grec a été montré aux élèves: le registre de l’etat civil.



Patrimoine religieux et liturgie
Les élèves et leurs accompagnateurs ont pu rencontrer différents représentants de cette culture grecque, des descendants pour la plupart de cette population, les traditions leur ont été expliquées ainsi que les différents rites liturgiques.


Une déambulation dans les ruelles a permis à l’ensemble des visiteurs d’observer des maisons et des quartiers encore habités par les descendants des premiers grecs. L’histoire du village est directement liée à cette implantation grecque, qui a laissé une empreinte durable dans la culture locale.


Après un buffet offert par la Mairie de Cargèse, les élèves ont pu assister à de nouvelles rencontres et des danses.
Mémoire vivante et transmission
Au Spaziu culturale Natale Rochiccioli, deux documentaires de 1968 et de 2020 ont été projetés puis les danses grecques ont été montrées aux élèves enfin les deux élèves espagnoles en mobilité individuelle Erasmus+ ont fait une démonstration de la sévillane.



Nous remercions, la Marie de Cargèse, Monsieur Donzella, Maire de Cargèse , Madame Leca Cilote, Adjointe au Maire, l’association Mnimimoria, le Spaziu culturale et Monsieur Dapelo qui a coconstruit le programme de la journée et l’ossature du projet. Nous remercions également toutes les personnes qui ont contribué à la transmission de cette mémoire parfois méconnue au niveau de nos élèves corses et des jeunes européens en mobilité individuelle au lycée Laëtitia. 3 mobilités espagnoles de l’Instituto Medina Azahara de Cordoue avec leurs correspondants et une mobilité italienne du lycée Angela Veronese de Montebelluna avec sa correspondante ( photo de la maison ornée ) et sans oublier les deux élèves de l’atelier vidéos qui ont accompagné le groupe tout au long de cette magnifique journée caméra en main.

